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Le vrai est au coffre et J’apprends l’allemand de Denis Lachaud

 

Par Éric (juin 2011)

Avec ces deux romans courts, Denis Lachaud raconte des histoires d’enfance où les personnages ne se contentent pas d’être ce qu’on attend d’eux. Ces romans sont indépendants, néanmoins, ils ont été écrits dans le même esprit et partagent à ce titre les mêmes thèmes.
Au centre de chacun de ces deux ouvrages, il y a à chaque fois un garçon : il s’agit d’Ernst dans J’apprends l’allemand et de Tom dans Le vrai est au coffre .

Ernst est un enfant allemand ou plutôt un enfant d’Allemands. Il est né en France où ses parents ont émigré après avoir tourné le dos à l’Allemagne. Son prénom est la seule touche de culture germanique à laquelle ses parents ont consenti. Un voile de non-dit et de secrets couvre le reste. On le voit aborder l’adolescence et apprendre l’allemand comme un geste d’autodétermination et de défiance vis-à-vis de sa famille. Un échange scolaire sera tout autant l’occasion de dépasser le simple apprentissage de la langue et de s’immerger dans cette culture retrouvée, que le moment des premières expériences intimes avec son correspondant.
Quant à Tom, c’est encore un petit garçon. Un bonhomme qui aime s’accrocher aux épaules de son père et jouer à la poupée avec son amie. À l’école, il subit les moqueries et les insultes. Denis Lachaud rappelle qu’à sept ans, certains enfants vivent l’angoisse au ventre à cause d’insultes homophobes.

Les personnages sont en permanence en mouvement : d’une classe à l’autre, pour un déménagement, pour un voyage scolaire. Le choix de situer le récit dans l’enfance et l’adolescence accentue cette impression de mouvement. Mais au-delà des années qui passent, les personnages sont amenés à accomplir un cheminement personnel d’appréhension de soi. Et résoudre cette équation : comment aborder le monde quand celui-ci vous résume à votre différence ?
Dans les deux ouvrages, les personnages n’hésitent pas à relever le défi de leur singularité pour en faire un trait essentiel de leur individualité. C’est à la fois extrêmement touchant et plein d’espoir.

Denis Lachaud donne souvent la parole à ses personnages qui deviennent narrateurs de leur propre histoire pour quelques chapitres. Le récit s’apparente au journal ou à la confession. Ce sont des passages qui indignent quand Tom ou Ernst font état des insultes ou des moqueries. Mais ces passages sont aussi émouvants en raison du style propre à ce type de rédaction. Le vocabulaire y est parfois pauvre et la formulation maladroite. Cela rappelle les journaux intimes rédigés avec passion à l’adolescence et qu’on relit plus tard avec une certaine gêne.

À titre personnel, j’ai particulièrement aimé J’apprends l’allemand, rédigé dans un style très simple et dont le récit conduit le lecteur dans un voyage aux origines d’une famille et à la source de ses secrets. Il décrit avec justesse ce moment de l’adolescence où l’on devient spectateur de sa propre famille. On appréhende ses parents comme des individus à part entière, avec tous les regrets que cela peut induire quand on comprend les choix de ses parents. Quant à Le vrai est au coffre, je n’ai compris ni le titre, ni la fin.

Ces romans plairont j’en suis sûr aux lecteurs qui sont prêts à retrouver quelques souvenirs touchants et parfois amers de leur enfance.



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